« Le fouet a cet avantage sur les caresses. Ses tracent durent longtemps. »
[Denis Robert]
L’as-tu entendu, toi, mon unique lecteur (qui s’est finalement révélé à en être, quelques-uns), ce bruit? C’est le bruit du p’tit coup de fouet que j’ai reçu dimanche dernier. Et je ne m’en plains pas, qu’on s’le dise!
1h47m12s. Soit neuf minutes en moins, que l’an passé (sur un parcours ayant 300m de plus cette année). Pas exactement en bas du classement et pas exactement ce qu’on pourrait appeler une mauvaise performance, je te le concède. Malgré tout et n’en déplaise à certains, pour moi, il s’agit d’un résultat que je considère, décevant. Décevant, mais aussi proportionnel à l’effort d’entrainement fourni dans les dernières semaines – soit, pas gros!
Si tu savais… j’aurais tellement pu décider ne pas y aller, faire cette course. Il aurait été plus facile de rester à la maison et de remettre à une prochaine fois (après tout, ça n’aurait été que 35$ de perdus et toi, je sais que tu ne m’en aurais pas tenu rigueur, magnanime lecteur). L’idée m’a rapidement effleuré l’esprit et m’a aussi été soufflée par quelques amis. Diantre! c’était écrit dans le ciel que ça allait être difficile, certainement pas mon meilleur temps et que d’y trouver mon compte en plaisir, tout un défi. Mais, dans l’inscription à une course, j’y vois un genre d’engagement à m’y rendre, une promesse tacite entre moi et la liste de confirmation. On cours comme on vit, non? Moi c’est engagée et assumée que je veux le faire. M’engager, assumer la possibilité de me planter si mon engagement n’est pas à la hauteur du défi qui m’attends. Mais ici (car c’est important de préciser, question de ne pas froisser personne), on parle de moi, je répète: it’s all about me. Aucun jugement pour quiconque prend la décision de ne pas prendre le départ d’une course ou de ne pas terminer une course. Il y a tant de raisons, tant de contextes… Un jour, ça m’arrivera peut-être? Moi j’avais besoin de ce petit Waterloo! Respect à tous ceux qui savent se respecter là dedans: dans leur forme physique, mentale et surtout, dans leurs valeurs. Tout ça, c’est une question bien perso et qui peux bouger dans le temps. Alors, pour revenir à ce chemin jusqu’à la course: pour m’y rendre, ça veut surtout dire m’y préparer adéquatement. Physiquement et mentalement. Mais (n’y a-t-il pas souvent un mais?), la vie étant ce qu’elle est, j’ai eu du mal à m’y préparer à cette course ! On y ajoute le contexte de ma monoparentalité, le défi était double. Humaine, parfois faible, j’ai eu un petit affaissement du moral et le reste a largement écopé.
Je me savais très mal préparée pour cette course.
Oui… j’aurais certainement pu rester chez moi… sous la couette, collée à mon bébé, alors que c’était un matin pluvieux, tellement propice à rester en pyjamas et faire des crêpes avec elle…
Mais, tu comprends bien que (sourire aux lèvre) je me suis pointée à Châteauguay, avec le seul but d’avoir du «fun»!
Je n’ai très certainement pas envie d’entrer dans les détails de cette course, si ce n’est qu’encore une fois, excellente organisation (malgré le fait que toutes les courses ont été quelque peu retardées) et que je serai à nouveau à Châteauguay en 2013! Le parcours est génial, l’atmosphère conviviale et puis, c’est un demi pour lequel j’ai une petite place particulière dans mon coeur, considérant que c’était ma première expérience sur cette distance – mais bon, fin de cet apparté romanesque sur les bords.
Mais encore, qu’en est-il de cette course me demanderas-tu?… les 10 premiers kilomètres ont très bien été en 48m59s, avec une allure assez constante et les pattes pleines d’énergie! Passé le 12ième km, des étourdissements ont fait leur apparition. J’avais l’impression d’avoir une planche de bois à la place du diaphragme, la vision trouble, le sentiment que j’allais m’étaler de tout mon long sur le bitume! L’indice de plaisir était à son plus bas… « Qu’est-ce que je fais là, moi? » que je me demande à chaque pas que je fais. Mais fort heureusement, un copain coureur m’a rattrapée et m’a gentiment donné le rythme jusqu’à la fin. J’ai pu terminer avec mes deux derniers kilomètres assez forts et le sourire au lèvres (il était où celui là d’ailleurs? Aucune idée!).
J’aurais pu rester à la maison, certes. Mais à la place, je suis aller faire face à l’épreuve, avec une préparation inadéquate. Quel coup de fouet. En plein celui dont j’avais besoin. La gourmande de performance, aura eu une belle leçon: ça prend pas mal plus qu’un peu de talent et de vouloir pour atteindre ses objectifs! Elle doit aussi s’entrainer!!! Fort et bien. Difficile course, mais me voilà déjà, une coureuse plus avertie, avec un peu plus d’expérience. Que du positif au final!
Je suis à peaufiner mon plan de « redressement »… car la prochaine étape, c’est le marathon! Vaut mieux être bien prête, car j’ai bien l’intention d’aller jouer (et m’amuser) dans la cours des grands :)

C’était le 13 mars 2011. 
