"La vie des grands hommes nous rappelle que nous aussi nous pouvons rendre notre vie sublime, et laisser derrière nous, après la mort, des empreintes sur le sable du temps." [Henri Longfellow ]

Huitisch ! Huitisch !


« Le fouet a cet avantage sur les caresses. Ses tracent durent longtemps. »
[Denis Robert]

L’as-tu entendu, toi, mon unique lecteur (qui s’est finalement révélé à en être, quelques-uns), ce bruit? C’est le bruit du p’tit coup de fouet que j’ai reçu dimanche dernier. Et je ne m’en plains pas, qu’on s’le dise!

1h47m12s. Soit neuf minutes en moins, que l’an passé (sur un parcours ayant 300m de plus cette année). Pas exactement en bas du classement et pas exactement ce qu’on pourrait appeler une mauvaise performance, je te le concède. Malgré tout et n’en déplaise à certains, pour moi, il s’agit d’un résultat que je considère, décevant. Décevant, mais aussi proportionnel à l’effort d’entrainement fourni dans les dernières semaines – soit, pas gros!

Si tu savais… j’aurais tellement pu décider ne pas y aller, faire cette course. Il aurait été plus facile de rester à la maison et de remettre à une prochaine fois (après tout, ça n’aurait été que 35$ de perdus et toi, je sais que tu ne m’en aurais pas tenu rigueur, magnanime lecteur). L’idée m’a rapidement effleuré l’esprit et m’a aussi été soufflée par quelques amis. Diantre! c’était écrit dans le ciel que ça allait être difficile, certainement pas mon meilleur temps et que d’y trouver mon compte en plaisir, tout un défi. Mais, dans l’inscription à une course, j’y vois un genre d’engagement à m’y rendre, une promesse tacite entre moi et la liste de confirmation. On cours comme on vit, non? Moi c’est engagée et assumée que je veux le faire. M’engager, assumer la possibilité de me planter si mon engagement n’est pas à la hauteur du défi qui m’attends. Mais ici (car c’est important de préciser, question de ne pas froisser personne), on parle de moi, je répète: it’s all about me. Aucun jugement pour quiconque prend la décision de ne pas prendre le départ d’une course ou de ne pas terminer une course. Il y a tant de raisons, tant de contextes… Un jour, ça m’arrivera peut-être? Moi j’avais besoin de ce petit Waterloo! Respect à tous ceux qui savent se respecter là dedans: dans leur forme physique, mentale et surtout, dans leurs valeurs. Tout ça, c’est une question bien perso et qui peux bouger dans le temps. Alors, pour revenir à ce chemin jusqu’à la course: pour m’y rendre, ça veut surtout dire m’y préparer adéquatement. Physiquement et mentalement. Mais (n’y a-t-il pas souvent un mais?), la vie étant ce qu’elle est, j’ai eu du mal à m’y préparer à cette course ! On y ajoute le contexte de ma monoparentalité, le défi était double. Humaine, parfois faible, j’ai eu un petit affaissement du moral et le reste a largement écopé.

Je me savais très mal préparée pour cette course.

Oui… j’aurais certainement pu rester chez moi… sous la couette, collée à mon bébé, alors que c’était un matin pluvieux, tellement propice à rester en pyjamas et faire des crêpes avec elle…

Mais, tu comprends bien que (sourire aux lèvre) je me suis pointée à Châteauguay, avec le seul but d’avoir du «fun»!

Je n’ai très certainement pas envie d’entrer dans les détails de cette course, si ce n’est qu’encore une fois, excellente organisation (malgré le fait que toutes les courses ont été quelque peu retardées) et que je serai à nouveau à Châteauguay en 2013! Le parcours est génial, l’atmosphère conviviale et puis, c’est un demi pour lequel j’ai une petite place particulière dans mon coeur, considérant que c’était ma première expérience sur cette distance – mais bon, fin de cet apparté romanesque sur les bords.

Mais encore, qu’en est-il de cette course me demanderas-tu?… les 10 premiers kilomètres ont très bien été en 48m59s, avec une allure assez constante et les pattes pleines d’énergie! Passé le 12ième km, des étourdissements ont fait leur apparition. J’avais l’impression d’avoir une planche de bois à la place du diaphragme, la vision trouble, le sentiment que j’allais m’étaler de tout mon long sur le bitume! L’indice de plaisir était à son plus bas… « Qu’est-ce que je fais là, moi? » que je me demande à chaque pas que je fais. Mais fort heureusement, un copain coureur m’a rattrapée et m’a gentiment donné le rythme jusqu’à la fin. J’ai pu terminer avec mes deux derniers kilomètres assez forts et le sourire au lèvres (il était où celui là d’ailleurs? Aucune idée!).

J’aurais pu rester à la maison, certes. Mais à la place, je suis aller faire face à l’épreuve, avec une préparation inadéquate. Quel coup de fouet. En plein celui dont j’avais besoin. La gourmande de performance, aura eu une belle leçon: ça prend pas mal plus qu’un peu de talent et de vouloir pour atteindre ses objectifs! Elle doit aussi s’entrainer!!! Fort et bien. Difficile course, mais me voilà déjà, une coureuse plus avertie, avec un peu plus d’expérience. Que du positif au final!

Je suis à peaufiner mon plan de « redressement »… car la prochaine étape, c’est le marathon! Vaut mieux être bien prête, car j’ai bien l’intention d’aller jouer (et m’amuser) dans la cours des grands :)


C’était siii difficile…


À toi, unique lecteur de ce blogue… il me semble que je te dois un billet. Un beau là!

Ne t’imagines pas que je n’ai pas essayé. Si seulement tu voyais ce billet (sur cette course) que j’essaie de mener à terme, sans succès (poc-poc, la ponte a été infructueuse). Des ratures, de l’ajoutage, de l’effacage et du ramanchage… de l’incessant peaufinage. Mais à force de m’enfarger dans la conjugaison des verbes et dans l’ordre des maux mots, j’ai plutôt décidé de tout abandonner! Ctrl+Alt+Del. Aussi simple que ça.

Pourtant, je te jure que c’était un pas trop mauvais billet. Un peu long. Mais tellement plein de détails (inintéressants, soit dit en passant). Toutefois, moi, je n’en pouvais plus d’essayer de décrire chaque seconde, afin de rendre (in)justice à cette course… Ctrl+Alt+Del. Aussi simple que ça (bis).

Mais, car il y a souvent un mais, je voyais ma prochaine course arriver et là, je me suis mise à paniquer. Non mais c’est que là, ça fait beaucoup trop de comptes rendu de course à gérer si je mets à procrastiner autant. Alors, il fut décidé qu’il valait mieux m’en débarrasser dès maintenant. Te voilà donc pris avec ce billet mal amanché.!

Alors, cette course? oh.my.god. T’as déjà vu une fille qui pense à abandonner au cinquième kilomètre? Si non, laisses-moi me présenter à toi.

Lecteur, gigi.
Gigi, lecteur.

Les 16 kilomètres suivants ont été bien pénibles, tu l’imagines!

À 10km… il y eut d’abord une crampe de la mort. C’est que la fille, elle n’a jamais ça, des crampes. Un peu de marche, la honte qui m’habite. Du même coup… je viens de passer au travers d’un mois de schnoute. J’accepte que ce sera une course à saveur de r’venez-y pas! Je cours quand même… vite.

Au 11 ou 12ième km… le bassin Olympique, l’envie de pleurer. Ça me semble iiinnnnterminable juste à le regarder. Il vente (à écorner la gigi-d’amérique). Je marche le temps d’un gel, le temps de me botter les fesses. Je me remets à courir, vite. J’essaie de ne pas penser. Mon corps (qui est si peu en forme) et mon esprit (pas tellement mieux), essaient péniblement de faire UN. Quel défi. Disons que l’alignement des planètes ne semble pas favorable à cette symbiose… ahem!

Au quinzième kilomètre, un mec passe à côté de moi, et me fait un gros high five bien senti. Gros boost d’énergie, je cours, je maintiens la vitesse désirée.

La fin me semble si difficile. Non mais réalises-tu que ce parcours est aussi plat que la terre était aux yeux des Babyloniens! Mine de rien, tout ce qui monte, redescend. Moi je les aime pour ça, les côtes et là, il n’y en avait pas, à mon grand dam! Le vent, le plat, la platitude du parcours. Rien pour aider.

Je ne sais pas par quel miracle, mais j’arrive au 20ième kilomètre. Le mec primé du 15ième est là et il peine à avancer. L’envie me prend de lui claquer une fesse pour lui redonner un peu d’énergie… mais (raisonnable) je m’en tiens à une claque dans le dos, avec un « on lâche pas » bien senti! L’effet escompté est obtenu et le revoilà parti. Nous finissons presque la course ensemble, mais voilà mon p’tit poussin qui file à toute vapeur sur les 200 derniers mètres! Plus tard j’apprendrai que c’était son premier demi-marathon (ce qui boost évidemment mon p’tit côté maternel).

Pour ma part… c’est en 1h43m26s que je franchirai la ligne d’arrivée. Ce qui est tout de même une grosse minute de moins que mon dernier demi-marathon. Pourtant, je n’arrive pas à m’en réjouir. Rationnellement, je sais que c’est une très bonne course, surtout dans les circonstances. Mais mon senti lui… est peuplé de si… Ce qui ne m’avance à rien… si ce n’est qu’à alimenter mon insatisfaction (injustifiée pour la plupart de mes proches).

So… Châteauguay dans deux dodos. Suis-je mieux préparée? Non! Dans de meilleurs dispositions? Définitivement! Ce que je souhaite de cette course? Cette fois, avoir du plaisir!

Qui vivra verra.


Et de cinq


C’est demain que j’irai courir mon cinquième demi-marathon. Le mois d’avril n’aura pas été un très bon mois du point de vue… entrainement (et le reste un peu aussi)… mais qu’à cela ne tienne! J’ai du grrrrr tout plein les pattes et le cœur.

Je tenterai donc un PB, malgré que je sois à peine sortie d’une période plus difficile.
Le beau temps annoncé me donne des ailes :)

Ce soir j’irai à un souper de pastas chez des amis, j’y laisserai ma poulette pour la nuit et reviendrai faire ma manucure de course (on n’arrête pas les traditions, hein!). Je préparerai mes vêtements, chiffonnerai mon dossard, préparerai ma musique, vérifierai ma montre et j’irai au lit tôt! J’aime beaucoup ma petite chorégraphie pré-course: elle stimule ma fébrilité et me plonge tout doucement dans ma bulle.

Une pensée toute spéciale pour tous mes ami(e)s coureurs qui prendront un départ demain matin, ROCK IT!


Et la course, elle?


Deux demi-marathons au menu: 29 avril et 13 mai…

N’ayez crainte, je devrais vous casser les oreilles avec la course à pied, d’ici pas trop long. En attendant, j’me promet une virée dans mes deux boutiques préférées question de dépenser me trouver:

1) Un joli kit pour courir ces demi-marathons
2) Une jolie paire de chaussure pour courir vite-vite-vite ces demi-marathons

Stay tuned. Séance de bottage de cul en cours!


Recette pour chasser le gris


Dans ce style qui me connait si bien, une petite recette pour vous!

Des quantité (très) approximatives:
Un gros choux-fleur
Trois à quatre belles patates
Un gros oignon
Un sploutch d’ail haché
Du bouillon de poulet
De la crègne ;)

Et un savoir faire, douteux:
Faire revenir l’oignon et l’ail
Ajouter le choux-fleur coupé en bouquets
Ajouter les patates coupées en gros morceaux
Ajouter du bouillon de poulet jusqu’au 4/5ième des légumes (haha!)
Couvrir, laisser mijoter jusqu’à la molleté désirée
Passer à la mixette (drink à la main)
Mettre de la crègne, jusqu’à onctuosité souhaitée

Savourez, dans un bol coloré.
Le gris, chassé!


Le jour où je suis née*


C’était le 13 mars 2011.

C’est un peu avant le diner que je suis partie, un tantinet nerveuse, pour ma première sortie de course, de mon premier plan d’entrainement, avec pour objectif de courir au complet mon premier demi-marathon. Que j’avais donc fait sourire les gens avec ce projet fou qui avait émergé un matin de février 2011…

Alors, ce jour là, je m’en souvient encore: c’était relativement frisquet (mes proches semblaient me trouver un peu fofolle d’aller courir – une première fois – par une telle température). Tant pis! C’est avec mon p’tit kit moulant tout neuf (c’est que pour l’aérodynamisme), mes runnings tout neufs et ma montre toute neuve (intense, j’ai opté pour le la total en commençant et ça, je ne l’ai jamais regretté) que j’ai couru un premier 6 km en 10:1 (10 minutes de course, 1 minute de marche)… je peux garantir que j’ai pensé ne pas y survivre, y laisser bêtement ma peau au coin de PieIX & Mont-Royal! Il suffit de regarder un peu les données de cette sortie pour comprendre qu’avec mon allure (environ 6:55/km) et les FC moyennes à 165… j’étais bien loin de la grande forme!

Un petit 6 km, un premier souffle dans cette nouvelle vie.
La grandiose genèse de ma vie de coureuse.

Nous y voilà donc: un an plus tard, 1220 km plus loin.

Ça n’a absolument rien de fabuleux, ni rien qui s’apparente à de l’héroïsme. Tout le monde peu faire ce que je fais là. Mais je n’en demeure pas moins fière. Car si tous le peuvent, tous ne le font pas! Et là réside ma fierté… combattre l’inertie, ne pas laisser de place aux (bonnes) excuses, faire volontairement (et pas toujours facilement) une place à mes entrainements dans un horaire chargé de maman monoparentale, changer quelques habitudes de vie et tout ça, pour simplement sortir courir, aller faire le plein d’endorphines, bouger, évoluer. Qu’il fasse beau ou laid, froid ou chaud, sur l’asphalte ou dans la neige… aller avaler mes kilomètres, comme une vraie junkie de la course!

Un an plus tard, on peut parler d’une transformation extrême, à plusieurs niveaux. Physiquement. Psychologiquement. Une femme mieux dans sa peau, mieux dans sa tête.

Aujourd’hui, 13 mars 2012.

C’est un peu avant le souper que je suis partie, un tantinet nerveuse, pour ma 144ième sortie de course. Des intervalles étaient au plan. C’est toujours un peu angoissant de savoir qu’il y aura un peu de souffrance au menu…

Quelle belle façon de célébrer cette première année de course, non?

*Merci à toi, pour cette jolie expression :)


Le p’tit printemps


Je le savais bien qu’en invoquant le printemps, il allait bien finir par se pointer le bout du nez ce sacripant! Ça a tout bonnement commencé mercredi, alors qu’il faisait tout près de 10°C à l’heure du diner! Impunément, j’ai osé faire mes p’tit intervalles en capris, sans manteau, sans chapeau! Je peux garantir qu’à 4:12/km… il s’est mis à faire drôlement chaud, le soleil étant bel et bien de la partie et moi toute de noir vêtue (non mais c’est que ma maman, elle a peur que j’attrape mon coup de mort aussi peu habillée, en mars de surcroit…)!

Aujourd’hui, malgré la pluie annoncée, j’ai récidivé (faut lui tenir la bride serrée à ce printemps là) et j’ai même été jusqu’à pousser ma luck comme on dit! C’est en shorts que je suis partie pour une petite easy run de 8.5k! Le fond de l’air était chaud, le vent chaud (mais bon, la pluie elle, combinée à l’action du vent… bien, elle était frette un peu). Mais moi, je ne chialerai jamais contre la pluie. Car courir sous la pluie, on (les fous) aime ça (avec modération), bon! Du gros plaisir crasse à courir dans les flaques (mais attention, il fallait bien préparer la sortie et prévoir le mascara hydrofuge, sans quoi, il y avait risque de faire peur à tous les passants sur mon passage).

Le résultats à tout ça. Une fille heureuse (d’un printemps) et avec des p’tites pattes crottées!
Woot woot!


Hiver 1 – Gigi 0


J’y ai tellement cru…

Naïvement, j’ai cru que j’allais passer au travers de mon premier hiver de coureuse, avec détermination, constance, rigueur et le tout avec un gros soupçon d’allégresse! Telle une « winter warrior », je me voyais enfiler joyeusement les kilomètres, comme de jolies petites perles de course et ce dans toutes les conditions possibles, sourire aux lèvres: la poudreuse, le froid, les tempêtes, la pluie, les trottoirs glacés, allouette, ahhhhhh!

Dans ma p’tite tête, courir l’hiver, ça allait être le gros party

À go, on rit?

Ne vous méprenez pas!
J’y suis allée courir dans le dehors.
Souvent avec le sourire. Aussi (souvent) avec un air affligé.
J’y suis allée!
Dans cet hiver qui nous a offert (ou garroché dans les dents) toutes les météos possibles: rien, du froid, de la pluie, de la neige, rien, du chaud, des flaques, du froid, de la neige, encore de la neige, de la glace, du chaud, des flaques, du froids et des plaques.
Cet hiver qui nous a fait froid dans le dos, jusqu’au os!
Cet hiver qui n’en finit plus de finir.

Voilà donc une semaine (complète) que je n’ai pas mis une semelle dehors. Alors que la dernière course se passait dans un décor enchanteur, en belle compagnie, direction petite marinade au spa… les jours suivants m’ont semblés misérablement gris (et enneigés).
J’ai, selon toute vraissemblance, fait une grève moi aussi.

Ce matin, -27°C ressenti. Dois-je rappeler que nous sommes le 5 mars… mars, promesse du printemps!
Printemps mon oeil!
J’en ai plein ma tuque!
L’hiver UN, moi ZÉRO.
Cassée par l’hiver.

Comment vais-je réussir à briser l’inertie de ma (dé)motivation?

Je ne vois qu’une solution: m’infliger pénitence et sortir courir ce midi.
Sortie obligée dans le frette, bon!
Et dans ce froid ensoleillé j’irai clamer haut et fort, à qui voudra l’entendre, qu’il s’agit de la dernière journée de l’hiver.
Simple de même!
M’as-tu compris, UNIVERS?

gigi-tannée, gigi-congelée.


Pareil, pas pareil!


Lui. Mon ami. Cinq fois marathonien. Il court depuis maintenant 7 ans. Premier marathon: 3h25. Son habitude des dernières années: partir à la va comme j’te pousse, courir une distance quelconque, just for the fun of it. Gear: des espadrilles (une paire), des vêtements et de la musique. But: se tenir en forme, trouver sa petite dose d’endorphine, profiter du dehors (et accessoirement, faire un p’tit vide mental).

Moi. Son amie. Quatre fois demi-marathonienne. Je cours depuis presque un an. Premier marathon: septembre prochain. Mon habitude: regarder trop souvent mon plan d’entrainement, aller m’entrainer selon ce qu’il me dicte, culpabiliser quand je n’y vais pas. Gear: des espadrilles (trois paires en alternance), des vêtements, une montre GPS, un cardiomètre et de la musique. But: atteindre mes objectifs de temps aux courses choisies.

Alors que je comptabilise le moindre mètre, que je calcule mes temps à la seconde près, que j’analyse toutes les côtes grimpées, mon allure et ma fréquence cardiaque… que je compare et décortique chaque entrainement et que j’ai une saison 2012 toute planifiée… lui, il sort tout simplement courir! Il évalue ses distances dans le « à peu près » et n’a pas la moindre idée (ou ne s’intéresse pas tellement) à ses vitesses. Il sort courir quand ça lui tente, quand il en a besoin… il n’a pas de plan qui lui annonce (bêtement) qu’il a un entrainement à abattre réaliser. Il ne tient pas de « logbook », ni ne fréquente un réseau social de coureur. Il n’est inscrit à aucune course encore et n’a pas encore de planning pour l’année.

Lui, il me semble être parfaitement libre de courir (ou non)… moi, pas! Et je dois avouer que j’ai beaucoup de respect et d’admiration pour sa manière de pratiquer son sport.

Lui et moi, jasons régulièrement de course. Nos discussions sont passionnantes. Notre intérêt est commun. Mais notre étonnement mutuel est aussi renouvelé à chaque fois. Comment pouvons-nous pratiquer le même sport, alors qu’il nous semble être tellement différent au final? Lui et moi avons récemment couru ensemble… et pourtant, nous sommes forcés d’admettre que notre sport est sans aucun doute le même! Un pied devant l’autre, nous avancons.

Pareil, pas pareil?

Au fil de nos discussions (et bien malgré lui, car jamais je ne l’ai senti juger ma manière de gérer mon sport), j’en suis venue à douter de ma motivation envers la course: était-elle aussi noble et pure que la sienne? En l’écoutant me parler si légèrement de ses courses improvisée, j’ai commencé à me demander si je ne sortait pas courir que parce que j’ai des objectifs (et un égo à satisfaire). Suis-je trop orientée vers les chiffres de mes courses, au point d’en oublier le vrai plaisir de courir? Ai-je le droit de dire que je cours aussi pour le plaisir, la santé et accessoirement, me faire un p’tit vide mental, alors que tout est tellement planifié, calculé, consigné? J’ai douté, reviré cette question dans ma tête dans tous les sens… puis la réponse s’est finalement imposée d’elle-même: OUI! Oui j’ai le droit. Coureuse au même titre (de noblesse). En février 2011, quand j’ai dessiné le grand projet de courir le demi-marathon de Montréal, je ne savais rien de la course outre que ça allait être bon pour moi. Et ce l’est, pardi! Je suis en forme, je suis bien dans mon corps, bien dans ma tête. Que puis-je faire contre cette première course où je me suis plutôt bien classée, où j’ai découvert que j’avais peut-être un tantinet de talent pour ce sport et qui m’a donné une motivation supplémentaire à courir: performer? Rien.

Je trouve ça chouette d’avoir cette chance de côtoyer une personne qui court pour le plaisir, que pour le plaisir. Un ami avec qui échanger sur le sujet, partager un bout de route… D’autant plus qu’il court vite et bien, il possède un beau talent naturel. Mais je crois aussi (maintenant) que c’est tout autant chouette de courir pour s’entrainer, atteindre un objectif quantifié. Chacun prend son pied dans un aspect de la course… et c’est avec respect que nous échangeons sur ceux-ci!

Je cours pour le plaisir. La forme. Faire le vide intersidéral dans ma tête. Profiter du dehors. Me dépasser. Perfomer.
Je cours, point.

Pareil, pas pareil. Ouin pis?


Petit traité sur l’homme idéal – Chapitre #2


Mon homme idéal, est celui avec qui je pourrai parler de tout. Tout, comme dans toute-toute-toute! Avec lui, je discuterai longuement, à grands coups de « ouste les tabous », de tout et de rien.

Tout, vraiment toute y passera.

Ensemble nous serons capable de jacasser, sans pudeur, longtemps et souvent, avec (beaucoup de) plaisir (et surtout, d’humour):

D’amour (le sien, le mien, le nôtre – voir le chapitre 1 de ce traité, il m’aimera tout plein cet homme), de cuisine (ce que, idéalement, il fera de temps en temps, un (gros) atout si c’est souvent), de ménage, d’argent, de l’importance de ne pas céder trop rapidement à l’appel du « corn starch » lorsque vient le temps d’épaissir une sauce, de l’éducation des enfants (les siens? les miens? les nôtres?), de SEXE (ce que j’aime, ce qu’il aime, ce que nous aimons), des couches de bébé (bon, pas tant… mais c’est important d’avoir une idée de la dynamique des changements de couche… au cas!), des céréales et de l’art de les manger avant le dodo (une science à ce qu’il parait), de nos projets à venir (à court, moyen et long terme, ici et ailleurs), de boulot, de politique, de cinéma, de nos amis, de sport (ceux qu’on pratique, pas ceux qui s’écoute, ark!), de religion, de SEXE (c’est mon homme idéal, hein! pas seulement mon meilleur ami), de musique, de la famille, de nos peurs, de nos désirs, de Josée di Stasio, de tout et de son contraire…

Je l’ai tu dit… toute? Le comble du comble? C’est qu’on le fera au lit le matin, au salon l’après-midi, en patinant, en cuisinant, en raquette (nah, c’est trop bruyant la raquette et c’est trop difficile de jaser à la queue-leu-leu), en mangeant ce qu’on aura cuisiné, en prenant l’apéro, en voiture, en courant… n’importe où ou n’importe quand!

Et le plus cool, c’est qu’avec cet homme idéal, je n’aurai plus peur d’ouvrir la bouche et de m’y sacrer un pied dedans. Impunément, je m’exprimerai. Je pourrai dire qui je suis, ce qui me mue, ce qui me dégoûte, ce qui me fout la trouille, ce que je ressens (pour lui, pour moi, pour ma vie)… il recevra ce que je lui offre (souvent maladroitement) et sera apte à en discuter… avec maturité, douceur et compréhension.

La pareille lui sera bien évidemment rendue… car discuter, ce n’est pas que parler… c’est aussi écouter!


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